L’antisémitisme d’une accusation d’antisémitisme

Une caricature  d’Emmanuel Macron publiée brièvement sur le site des Républicains fait dernièrement grand bruit et est taxée d’antisémitisme.

Caricature Macron

Le caricaturé dénonce « une imagerie antisémite  » et Les Républicains eux-même, François Fillon le premier, s’excusent et condamnent dessinateur et directeur de communication.

Pourtant, la caricature décriée représente M. Macron comme un banquier faisant le grand écart entre le capitalisme (costume, cigare) et le communisme (faucille rouge) sans qu’il soit fait aucunement mention d’un quelconque caractère juif … sauf à estimer qu’un banquier est forcément juif et réciproquement.
C’est donc paradoxalement l’accusation d’antisémitisme portée à l’encontre de cette caricature qui est antisémite en établissant cette équivalence Juif=Finance.

 

 

Quand la polémique sur le burkini jette le voile sur les questions de laïcité et d’identité

La récente polémique sur le « burkini » et les arrêtés l’interdisant sur certaines plages de France illustre les dérives et les graines de violence potentielle engendrées par les ambigüités – qui confinent à l’incohérence – de la laïcité « à la française », comme je l’avais écrit il y a plus de six ans dans « Laïcité, laïcités … ou pas … ». Continuer à lire … « Quand la polémique sur le burkini jette le voile sur les questions de laïcité et d’identité »

Laïcité et jours fériés

J’écrivais en février 2010 dans « Laïcité, laïcités … ou pas … » :

Jour chômé hebdomadaire, rythme des jours fériés (cf. les circulaires ministérielles qui, chaque année, rappelle que les fêtes catholiques et protestantes sont respectées et reprises dans les jours fériés légaux), interdits alimentaires ou coutumes vestimentaires, toutes les pratiques catholiques sont considérées comme la norme « laïque ».(…)

En poussant la situation à l’extrême (quoique), que devrait faire la République française si une large majorité de sa population était d’une religion non chrétienne ? Devrait-elle, pourrait-elle « laïquement » imposer un modèle culturel catholique ? La « norme laïque » ne devrait-elle pas alors évoluer pour suivre la culture religieuse de la majorité ?

Cinq ans plus tard, l’Assemblée Nationale adopte un amendement permettant, dans les territoires d’outre-mer, de remplacer les jours fériés catholiques (y compris Noël ou le jour de l’an)  par d’autres jours fériés locaux « afin de tenir compte des spécificités culturelles, religieuses et historiques de ces territoires ».

La justification de cet amendement indique explicitement :

Il existe un paradoxe de fait dans une République laïque à donner ainsi dans le calendrier républicain un statut légal aux seules fêtes d’une religion, bien que celle-ci ait un caractère fortement majoritaire dans la population. Ce paradoxe est renforcé dans les départements d’Outre-mer où le fait et l’histoire religieux sont parfois de nature bien différente.

Si cet amendement ne concerne actuellement que les territoires d’outre-mer, certains craignent déjà que cela ne reste pas cantonnés à ces territoires.

Ce genre de polémique continuera certainement tant que ne sera pas tranchée la question de la définition de la laïcité – et l’éventualité d’une remise en cause du caractère laïque de notre démocratie.

Et comme je l’écrivais déjà il y a cinq ans, le débat risque d’être houleux. Mais plus il sera reculé, et plus il sera potentiellement violent – le fossé se creusant chaque jour davantage.

 

Apartheid à tous les étages

Après un discours remarquable à l’Assemblée Nationale le 13 janvier dernier, Manuel Valls a évoqué ce mardi 19 janvier lors de ses vœux à la presse « un apartheid territorial, social, ethnique » en France.

L’usage de ce terme « apartheid » est non seulement déplacé et choquant, mais il pousse à la haine et invite au terrorisme contre lequel le Premier Ministre prétendait lutter.

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Le Syndrome Barre

Après la tuerie à Charlie Hebdo, l’assassinat d’une policière et l’attentat contre un supermarché casher, Jean-Louis Bruguière explique dans Envoyé Spécial (15/01/2015) qu’il avait été détecté dix ans auparavant que le terroriste voulait tuer des Juifs par antisémitisme, mais « pas commettre des attentats ».

 

Encore un cas du « syndrome Barre » (qui dénonçait en 1980 après l’attentat de Copernic un attentat « qui voulait frapper des Israélites (…) mais qui a frappé des Français innocents ») !

Manuel Valls peut bien affirmer que « la France, sans les Juifs de France, n’est plus la France », certains semblent toujours considérer qu’en France, les Juifs de France ne font pas vraiment partie de la communauté nationale.

 

Reconnaissance floue

Alors que le Parlement s’apprête à voter une « invitation » à reconnaître un état de Palestine, les partisans et les opposants à cette résolution s’affrontent à coup de slogans dont le bienfondé n’est en rien corrélé à l’aplomb avec lequel ils sont proférés. Continuer à lire … « Reconnaissance floue »

Reconnaissance de la Palestine : Le point de vue de Richard Rossin

Richard Rossin est le co-fondateur de Médecins Du Monde, ancien secrétaire général de MSF. Il a publié un article très intéressant sur Figarovox à propos de la proposition de reconnaissance de la Palestine en tant qu’état soumise actuellement au Parlement.

J’en propose ici quelques citations qui me semblent des plus justes : Continuer à lire … « Reconnaissance de la Palestine : Le point de vue de Richard Rossin »

Laïcité, laïcités … ou pas …

La notion de laïcité « à la française » a pu slalomer entre anticléricalisme (laïcité héritée de la Révolution de 1789 ou  appliquée en ex URSS) et neutralité tolérante envers toutes les religions (sur le modèle américain). Ces deux visions opposées ont pu être fédérées autour du terme de « laïcité », obtenant ainsi un très large consensus en faisant l’économie d’une définition précise du terme. Au gré des besoins du moment, l’une ou l’autre des acceptions pouvait être utilisée sans pour autant remettre fondamentalement en cause l’unité nationale. Continuer à lire … « Laïcité, laïcités … ou pas … »