Une petite histoire d’Israël

Au début du XXème siècle, le Moyen Orient était sous domination de l’Empire Ottoman[1] .

Il n’y avait pas d’état palestinien, de peuple palestinien ni même de province palestinienne[2].

Les Juifs comme les Chrétiens y étaient discriminés et soumis à des taxes supplémentaires[3].

Les Juifs y constituaient une minorité d’environ 15-20% de la population mais étaient majoritaires dans certaines villes comme à Jérusalem[4][5].

 

En 1917, le gouvernement britannique se déclara en faveur de l’établissement d’un Foyer National Juif en Palestine dans la Déclaration de Balfour.

Le 3 janvier 1919, l’émir Faysal ibn Hussein et Chaim Weizmann signèrent un accord[6] qui marquait l’approbation de l’émir pour les termes de la déclaration Balfour. Cet accord appelait à la collaboration pour le développement d’un état arabe et de la Palestine (considérée comme état du peuple juif) et encourageait l’immigration et l’installation de Juifs en Palestine[7].

 

Le 24 juin 1922, après la défaite de l’Empire Ottoman lors de la Première Guerre Mondiale, la Société des Nations (SDN – ancêtre de l’ONU) décida de confier à la Grande Bretagne un mandat sur la Palestine en vue d’y établir un Foyer National Juif[8]. La Palestine définie dans le Mandat Britannique comprenait les terres à l’est[9] et à l’ouest du Jourdain – sur ce qui correspond actuellement à Israël, l’Autorité Palestinienne et la Jordanie[10].

 

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Toutefois la Grande Bretagne décida d’exclure la Palestine orientale du Foyer National Juif et d’y établir à la place un état arabe : l’Emirat Hachémite de Transjordanie.

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Plusieurs attaques de Juifs par des Arabes eurent lieu dans les années 1920 comme le Pogrom de Jérusalem en avril 1920[11] ou le massacre de Hébron en 1929 au cours duquel des Arabes massacrèrent 67 Juifs et forcèrent les Juifs survivants à fuir – mettant fin à une présence juive de plusieurs siècles dans cette ville[12].

 

L’un des instigateurs du pogrom de Jérusalem d’avril 1920 fut Amin al-Husseini. Il fut pour cela condamné à 10 ans de prison, s’enfuit à Damas, mais fut gracié dès le 8 juillet et nommé mufti de Jérusalem en 1921. En 1941, durant la Seconde Guerre Mondiale, il se rendit en Allemagne, y rencontra Hitler, travailla à des émissions de radio de propagande pro nazi et, en 1942, collabora aux recrutements de musulmans des Balkans pour former la 13e division de montagne de la Waffen SS Handschar[13].

 

Après les émeutes des années 1920, la Grande Bretagne publia des Livres Blancs en 1930 et 1939[14] qui remettaient en question l’implantation juive en Palestine. La Grande Bretagne fit volte-face sur son engagement de création d’un état juif : « Le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu’il n’est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif »[15]. Ces livres blancs limitèrent en particulier l’immigration juive en Palestine – alors même que les nazis commençaient à exterminer les Juifs d’Europe.

 

Après la Seconde Guerre Mondiale, la Grande Bretagne déclara vouloir mettre fin à son mandat en Palestine et en confia le sort à l’ONU nouvellement créée. Le 29 novembre 1947, l’ONU adopta la résolution 181 sur la Partition de la Palestine en un état arabe et un état juif. Si les dirigeants sionistes acceptèrent cette résolution, les Arabes la rejetèrent, déclarèrent vouloir « jeter les Juifs à la mer » et attaquèrent le nouvel état juif dès sa déclaration d’indépendance le 14 mai 1948[16].

 

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Contre toute attente, Israël réussit à repousser les forces combinées des pays arabes (Egypte, Transjordanie, Syrie, Irak), et des accords d’armistices (et non de paix) furent signés en 1949.

 

La ligne de démarcation entre Israël et ses voisins arabes – la Ligne Verte[17] – ne constituait qu’une ligne de cessez-le-feu – sans valeur de frontière[18] à la demande expresse des pays arabes qui ne voulaient pas que des « frontières » puissent valoir reconnaissance de l’état d’Israël. Il est donc à ce titre erroné de parler aujourd’hui des « frontières de 1967 ».

 

Les territoires non contrôlés par Israël – et prévus dans le plan de partage de 1947 pour constituer un état arabe en Palestine – furent occupés par les pays arabes voisins : la bande de Gaza fut prise par l’Egypte, Jérusalem Est et la Cisjordanie furent annexés en 1950 par la Transjordanie (qui devint la Jordanie) en accord avec les représentants palestiniens réunis à la Conférence de Jéricho en décembre 1948[19][20][21].

Si l’annexion de la Cisjordanie ne fut pas formellement reconnue par la communauté internationale, ces territoires ne furent pas considérés comme « territoires occupés » et il ne fut pas demandé de les « libérer » pour y constituer un état palestinien … Bien plus, les « Palestiniens » indiquaient explicitement (article 24 de la Charte de l’OLP de 1964) n’avoir aucune prétention sur ces territoires[22] : « Cette organisation n’exerce aucune souveraineté régionale sur la rive occidentale du royaume hachémite de Jordanie, sur la bande de Gaza ou sur la région de Himmah« .

 

En revanche de nombreux Juifs furent persécutés et chassés des pays arabes – et se réfugièrent en majorité en Israël. [23]

 

Bien qu’il n’y ait aucune « colonie » israélienne en Cisjordanie ou à Gaza, les Arabes continuèrent d’attaquer Israël. Durant l’année 1956, les tensions s’accrurent entre Israël et l’Égypte avec les raids menés par les combattants palestiniens (fedayin) sur le territoire israélien. L’Égypte, dirigée par Gamal Abdel Nasser, bloqua le golfe d’Aqaba et ferma le canal de Suez aux navires israéliens – ce qui déclencha la Guerre de Suez. Cette guerre fut menée par Israël aux côtés de la France et de la Grande Bretagne qui n’acceptaient pas la nationalisation du canal de Suez. L’armée israélienne s’empara du Sinaï et atteignit le canal de Suez mais l’URSS menaça d’une riposte nucléaire, et les USA firent pression pour forcer le retrait de la France, du Royaume-Uni et d’Israël. L’ONU décida de créer une force d’urgence (la FUNU) pour superviser le cessez-le-feu et se déployer entre l’Égypte et Israël [24].

 

Le 16 mai 1967 l’Egypte ordonna à cette force d’interposition de se retirer[25], massa ses troupes dans le Sinaï et imposa un blocus sur le détroit de Tiran – ce qui déclencha la Guerre des Six Jours au cours de laquelle Israël conquit Jérusalem Est, la Cisjordanie, le Golan et le Sinaï. Les Juifs purent alors aller prier au Mur des Lamentation alors qu’ils en étaient empêchés depuis 1948 lorsque la Jordanie occupait Jérusalem Est. Israël annexa Jérusalem Est mais proposa de restituer la plupart des autres territoires conquis en échange de la paix – le partage sur ces territoires disputés (en particulier en Cisjordanie) étant à fixer par la négociation. Les états arabes répondirent lors du sommet de Khartoum par un « triple non » : « pas de paix avec Israël – pas de reconnaissance d’Israël – pas de négociation avec Israël. »[26].

 

Face à ce refus, Israël laissa s’installer ses ressortissants sur les territoires disputés dont elle revendiquait certaines parties. Cela constituait entre autre un retour de Juifs qui habitaient là avant 1948 et qui en avait été chassés. Il n’y avait en effet pas matière à accepter que certains territoires soient « Judenrein » comme l’avaient pratiqués les pays arabes … et comme le revendiquent encore actuellement les Palestiniens[27]. Dix ans après la Guerre des Six Jours, il y a toutefois moins de 5000 israéliens habitant en Cisjordanie[28][29].

 

En 1973, le jour de Kippour (jour le plus saint du calendrier juif – jour de jeûne et de prières), l’Egypte et la Syrie attaquèrent Israël et enfoncèrent ses lignes avant d’être finalement repoussés.

 

En 1979, l’Egypte fit la paix avec Israël. Dans le cadre de cet accord de paix, Israël restitua le Sinaï à l’Egypte et évacua les Israéliens qui s’y étaient installés.

 

En juillet 1988, la Jordanie annonça renoncer à toute prétention sur la Cisjordanie[30] et retira la nationalité jordanienne aux Palestiniens qui y habitaient[31].

En 1988, le Hamas, branche palestinienne des Frères Musulmans, est créée. Sa charte[32] stipule que « le Mouvement de la Résistance Islamique aspire à l’accomplissement de la promesse de Dieu, : « L’Heure ne viendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs (c’est à dire que les musulmans ne les aient tués » (…)  » Le Mouvement de la Résistance Islamique considère que la terre de Palestine est une terre islamique waqf [de main-morte] pour toutes les générations de musulmans jusqu’au jour de la résurrection. Il est illicite d’y renoncer en tout ou en partie, de s’en séparer en tout ou en partie » (…)  » Les initiatives, les prétendues solutions de paix et les conférences internationales préconisées pour régler la question palestinienne vont à l’encontre de la profession de foi du Mouvement de la Résistance Islamique. Renoncer à quelque partie de la Palestine que ce soit, c’est renoncer à une partie de la religion. »

 

En 1993, suite aux Accords d’Oslo, une autonomie palestinienne put voir le jour sur des « territoires palestiniens » – et les territoires sous contrôle palestinien n’ont cessé de s’agrandir depuis. Les Palestiniens refusent cependant toujours de reconnaître l’état juif[33].

 

En 1994, la Jordanie signe un accord de paix avec Israël[34].

 

En août 2000 Israël proposa qu’un état palestinien soit créé sur plus de 90% de la Cisjordanie et Gaza en échange de la paix – les Palestiniens refusèrent. En 2001 ils proposèrent 97% et les Palestiniens refusèrent à nouveau[35][36].

 

En septembre 2000 éclata la deuxième Intifada. Fayçal Husseini affirma dans le quotidien égyptien Al-Arabi le 24 juin 2001 : « Les États-unis et Israël n’ont pas compris, avant Oslo, que tout ce qui a été laissé du mouvement national palestinien et du mouvement Pan Arabe était un Cheval de Troie(…)Il y a trois ans j’ai dit `’la Montée dans le Cheval`’ et chacun est entré dans le Cheval et le Cheval a passé le muré (…) Maintenant, le temps est venu pour nous de dire : `’Sortez du Cheval et commencez à travailler’’ (…) notre but suprême est toujours la libération de toute la Palestine historique, de la Rivière [du Jourdain] à la Mer [Méditerranée], même si cela signifie que le conflit durera pendant encore mille ans ou pendant beaucoup de génération« [37].

De même Imad Al-Faluji, ministre palestinien des communications déclara dans le journal libanais Al-Safir du 3 mars 2001: « Quiconque pense que l’Intifada a éclaté à cause de la visite du méprisable Sharon à la Mosquée Al Aqsa a tort (…) Cette Intifada a été planifiée à l’avance, depuis le retour du Président Arafat des négociations de Camp David »[38].

 

En 2005, en signe de bonne volonté, Israël se retira complètement de la Bande de Gaza et évacua tous les Israéliens qui y habitaient. En échange, les Palestiniens déversèrent une pluie de roquettes et de missiles (plus de 11.000) tirés quasi quotidiennement depuis la Bande de Gaza[39][40], souvent depuis des zones d’habitations civiles, proches de journalistes ou de bâtiments de l’ONU[41] (pour mémoire, le blocus de Gaza a été décrété par Israël après le bombardement d’Israël depuis Gaza et en réaction à ces roquettes – et non l’inverse).

 

Le 28 octobre 2015, le rédacteur en chef de l’agence de presse palestinienne Maan déclara « Les juifs n’ont jamais connu d’âge d’or, excepté sous un Etat arabe et islamique. Ils ont toujours eu et n’auront jamais cette sécurité que sous la protection d’un Etat arabe. »[42]


 

Notes :

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Vilayet

[2] Israel Or Palestine? Is the Two-state Solution Already Dead? by Hasan Afif El-Hasan : « During the closing decades of the 19th century, the notion of a Palestine entity was as yet non-existant. Palestine was ruled by the Ottoman Turks as part of Syria from 1516 until 1919, when Britain and France defeated Turkey in Word War I. On the eve of the war, Palestine was unanimously referred to as Southern Syria, part of Damascus province » – https://books.google.fr/books?id=CjuzDY-WBr8C&pg=PA38&hl=en#v=onepage&q&f=false

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_l’Empire_ottoman#Les_Jaour_ou_Ghiaour_.28troupeau.29

[4] https://en.wikipedia.org/wiki/Demographic_history_of_Jerusalem#Jews_as_absolute_or_relative_majority

[5] « Que sais-je » n°1801 (éditions PUF) p.19 :

« Même Kral Marx, si hostile à tout ce qui touche au judaïsme, admit ce fait, lorsqu’il releva en 1854 ‘La population sédentaire de Jérusalem compte 15 500 âmes, dont 4 000 Musulmans et 8 000 Juifs. Les Musulmans forment le quart de la population totale et comprennent des Turcs, des Arabes et des Maures. Ils sont, bien entendu, les maîtres à tous égards’ (Extrait d’un article publié par le New York Daily Tribune du 15 avril 1854).

C’est encore ce que confirme l’Almanach de Jérusalem de 1868, puis les premiers recensements établis par les autorités ottomanes : 25 000 Juifs sur 39 000 habitants à Jérusalem en 1889, 28 000 sur 45 000 en 1896, 45 000 sur 70 000 en 1913 »

[6] http://sos-racisme.org/le-3-janvier-1919-laccord-faycal-weizmann/

[7] http://www.mideastweb.org/feisweiz.htm

[8] http://mjp.univ-perp.fr/constit/ps1922.htmhttps://en.wikisource.org/wiki/Palestine_Mandate :  » ART. 2. The Mandatory shall be responsible for placing the country under such political, administrative and economic conditions as will secure the establishment of the Jewish national home »

[9] Ibid.  » ART. 25. « In the territories lying between the Jordan and the eastern boundary of Palestine … »

[10] http://mjp.univ-perp.fr/constit/ps1922.gif

[11] https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_de_J%C3%A9rusalem_de_1920

[12] https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_d’H%C3%A9bron_%281929%29

[13] https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammed_Amin_al-Husseini

[14] https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_blanc_%28Palestine_mandataire%29

[15] http://avalon.law.yale.edu/20th_century/brwh1939.asp

[16] https://en.wikipedia.org/wiki/United_Nations_Partition_Plan_for_Palestine#Arabs

[17] https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_verte_%28Isra%C3%ABl%29

[18] cf. article VI-8 et 9 de l’accord d’armistice israelo-jordanien de 1949 http://avalon.law.yale.edu/20th_century/arm03.asp

[19] https://en.wikipedia.org/wiki/Jordanian_occupation_of_the_West_Bank

[20] http://www.kinghussein.gov.jo/his_palestine.htmlUnification of the Two Banks

[21] https://en.wikipedia.org/wiki/Jericho_Conference

[22] http://www.france-palestine.org/Charte-nationale-palestinienne-de,1794

[23] https://fr.wikipedia.org/wiki/Exode_des_Juifs_des_pays_arabes_et_musulmans

[24] http://www.operationspaix.net/54-historique-funu-i.html

[25] http://www.operationspaix.net/54-historique-funu-i.html

[26] http://www.cfr.org/world/khartoum-resolution/p14841?breadcrumb=%2Fpublication%2Fpublication_list%3Ftype%3Dessential_document%26page%3D69

[27] http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130730.REU9298/mahmoud-abbas-ne-veut-pas-d-israelien-dans-l-etat-palestinien.html

[28] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/israel-comprendre-la-colonisation-des-territoires-occupes_921945.html

[29] http://www.france-palestine.org/Les-23-dates-clefs-du-conflit-israelo-palestinien

[30] http://www.kinghussein.gov.jo/88_july31.html

[31] https://www.hrw.org/fr/news/2010/02/01/jordanie-le-gouvernement-devrait-cesser-de-retirer-la-nationalite-aux-citoyens

[32] http://avalon.law.yale.edu/20th_century/hamas.asp

[33] http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/04/26/97001-20140426FILWWW00062-abbas-pas-de-reconnaissance-d-un-etat-juif.php

[34] http://www.kinghussein.gov.jo/peacetreaty.html

[35] http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/taba2001

[36] http://belfercenter.ksg.harvard.edu/files/pressman.pdf

[37] http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP23601

[38] http://www.memri.org/bin/articles.cgi?Area=sd&ID=SP19401

[39] https://en.wikipedia.org/wiki/Palestinian_rocket_attacks_on_Israel#Casualties.2C_fatalities_and_rockets_fired

[40] http://tsahal.fr/re-information/israel-sous-les-roquettes-du-hamas/

[41] http://www.france24.com/en/20140805-exclusive-video-hamas-rocket-launching-pad-near-gaza-homes-un-building/

[42] http://www.memri.fr/2015/11/04/le-redacteur-en-chef-de-lagence-de-presse-palestinienne-nasser-al-laham-les-juifs-ne-pourront-etre-en-securite-que-sous-domination-arabe/

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