Le Prix Nobel de la Guerre

Si vis pacem, para bellum

Si tu veux la paix, prépare la guerre.

Cette maxime aura rarement été autant d’actualité que ces dernières années, et rarement plus applicable en inversé à Barack Obama.

Le Président Obama n’a en effet eu de cesse, depuis son élection, de multiplier les déclarations amicales et les gestes favorables aux ennemis des États-Unis.

Du discours du Caire devant les Frères Musulmans au rétablissement des relations avec Cuba, en passant par les amabilités envers le président iranien, Barack Obama a tendu la main à tous ceux qui faisaient profession de s’opposer aux États-Unis ou à l’Occident.

Le Lucky Luke du Prix Nobel de la Paix claironnait vouloir la paix sur tous les tons.

En parallèle, les alliés traditionnels ont reçu de Barack Obama reproches, pressions voire lâchages en rase campagne. La France s’est vue tancée pour avoir interdit le voile islamique dans ses écoles. Israël a pu collectionner pressions et admonestations. Et Moubarak a été prié , dès les premières manifestations, de « partir maintenant » sans attendre quelques mois – lâchage qu’on pourra comparer au soutien jusqu’au dernier moment à Mohamed Morsi des Frères Musulmans.

Or si l’on ne fait certes la paix qu’avec ses ennemis, encore faut-il que ceux-ci aspirent également un tant soit peu à un compromis pacifique. A persévérer dans des déclarations d’amour quand la réponse était toujours « mort à l’Amérique », le Président des États-Unis a montré aux ennemis de l’Occident qu’il était faible. Faible et non fiable.

La conséquence en a malheureusement été des pays adversaires des USA et de l’Occident enhardis par cette apparente faiblesse et qui ont engagé des conflits que la peur passée des USA les dissuadait auparavant de mener.

Inversement, les « alliés » des États-Unis ont perdu confiance dans le « bouclier » américain. Estimant qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes, ils sont devenus bien plus sensibles aux menaces qui les visaient et les crispations engendrées ont été exacerbées.

Les guerres se sont ainsi multipliées et étendues sous la présidence d’Obama, de la Crimée au Yémen, de la Syrie en Irak. Les mouvements islamistes ont proliféré dans les pays arabes et en Afrique. L’Iran a étendu sa sphère d’influence d’islamisme chiite. Et la Russie, soutien indéfectible de ses alliés (même peu fréquentables comme le dictateur syrien), a pu par contraste reprendre une position de leader mondial qu’elle avait perdu depuis la chute de l’URSS.

Barack Obama a donc certes reçu le Prix Nobel de la Paix. neuf mois après son accession au pouvoir. Mais on peut se demander, alors qu’il termine sa mandature, s’il ne s’agissait pas, en réalité, d’une version orwellienne de ce prix, façon 1984 : « La guerre, c’est la paix ».

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