Charlie Hebdo et Dieudonné, ce n’est pas le même combat

Suite à l’odieuse tuerie à Charlie Hebdo, on voit se multiplier les manifestations pour défendre la liberté d’expression.

Lors, ceux qui approuvent le châtiment des « blasphémateurs » mais ne peuvent soutenir ouvertement les assassins feignent de s’interroger sur une liberté d’expression illimitée. Et d’invoquer leur champion, Dieudonné, qui serait selon eux privé de cette liberté dont on se gargarise tant.

Face un un tel discours, le simple « ce n’est pas pareil » ne suffit généralement pas, et entretient au contraire la croyance d’un « deux poids deux mesures » dont seraient victimes les Musulmans et dont bénéficieraient les Juifs.

Il est plutôt à rappeler que la liberté d’expression que nous défendons est certes très large mais que, comme toutes les libertés, elle n’est pas illimitée : elle s’arrête là où commence celle des autres.

En particulier, la liberté d’expression ne saurait couvrir les appels au meurtre, l’apologie de meurtre ou le racisme qui ne relèvent pas de l’opinion mais du crime.

Lorsque Dieudonné dépasse ces limites, il est normalement sanctionné comme n’importe qui d’autre, et quelles que soient les victimes de ce type de transgression.

Et, pour lever toute ambiguïté, le racisme est l’expression de la haine envers des personnes du fait de leurs appartenance (réelle ou supposée), à une race/ethnie/religion/peuple/… – et non la critique d’idées/religions/convictions même si cela choque certaines personnes qui s’en revendiquent. La liberté d’expression permet de critiquer toutes les religions, de se moquer de tous les prophètes, de bafouer tous les symboles religieux mais ne saurait être invoquée pour appeler à la haine ou au meurtre des adeptes de quelque religion que ce soit.

C’est cela qui différencie les caricatures de Mahomet (de Jésus, de Moïse, de Dieu,  …)  par Charlie Hebdo et les apologies du meurtre de Juifs par Dieudonné – et qui fait que ce n’est effectivement pas pareil.

 


Mise à jour du 13/01/2015

Dans un article en date du 12/01/2015 du Télégramme , Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, indique : « On n’a jamais le droit de critiquer un juif parce qu’il est juif, un musulman parce qu’il est musulman, un chrétien parce qu’il est chrétien », a poursuivi l’avocat. « Mais vous pouvez dire tout ce que vous voulez, et les pires horreurs, et on les dit, sur le christianisme, le judaïsme et l’islam ».

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